Une maison ouverte ?

Imaginez une maison de campagne fermée, avec l’odeur de ranci et de papier peint qui se décolle quand on ouvre la porte, les mites qui pullulent dans le placard et l’invasion de cloportes dans la salle de bain. En sus, le chat tout desséché de la voisine que vous avez enfermé en partant la dernière fois ; et vous ne saurez d’ailleurs jamais que c’était le chat de la voisine, vu que vous n’échangez qu’un mouvement du menton quand vous la croisez dans la cour. Imaginez une maison de campagne immense, avec plein de lits, de beaux espaces, de la verdure et tout ça pour une petite famille de rien du tout qui se pavane seule, dans sa résidence secondaire. En bonne mère de famille, Madame a vidé le frigo parisien pour remplir celui que l’on rallume tout juste et elle s’apprête à passer des soirées TV en sirotant en verre de rosé, tout en essayant d’oublier que son mari est un con et que ses enfants sont encore trop jeunes pour qu’elle pense au divorce. Monsieur, lui, est ravi d’aller pêcher demain avec sa toute nouvelle canne multi-fonctions afin d’oublier que son patron a refusé son augmentation et que sa secrétaire risque de porter plainte pour harcèlement sexuel. Ils se réjouissent tous deux de trouver le calme – parce qu’à la campagne, il faut du calme – alors que leurs enfants ne pensent qu’à envoyer des sms pour crier l’injustice de se retrouver dans un coin aussi perdu.

Pas tellement besoin d’imaginer en fait, c’est une maison de campagne classique, avec des gens classiques qui peuvent se payer le luxe d’une résidence secondaire.

Et si on voyait ça autrement ?

1° On achète une maison de campagne en se disant qu’on aura bien un jour du fric qui tombera pour payer le crédit.

2° On sympathise avec l’ancien propriétaire et on se fait des amis dans le coin (Ne pas faire sa parisienne hautaine : « Mais quel drôle d’accent a-t-il cet homme ! » )

3° On embarque des ami(e)s pour réfléchir aux travaux et mettre la main à la pâte. On fait des équipées féministes, des équipées bigarées, des équipées ranplanplans, des équipées sauvages… pour varier les plaisirs.

4° On bouillone, on projète et on propose :

Pourquoi cette maison ne serait pas une maison de campagne ouverte ? Ouverte sur son environnement proche : Pouilly, sa région et surtout sur ses habitants et en connexion avec les autres : la tante du Canada, l’architecte parisien, le peintre du Salavador, le philosophe toulousain, la mamie seine et marnaise, le pote au RSA, le prof d’histoire, l’employée des pompes funèbres de Marseille…

Et pour que la mayonnaise prenne, on pourrait se retrouver tous les mois autour d’un repas associatif, tous ensemble, pour discuter des projets et des prochaines occupations : dessin, peinture, lecture, concert, spectacle, escapade ou farniente…

C’est aussi un lieu où l’art est le bienvenu, que l’on passe par la cuisine, par l’atelier de Virginie, par la remise à bois, par la sente ou par le QG du Collectif, partout les installations, les tableaux, etc.Pierrette qui fafouille vous TAMPONNENT.

Alors : à très bientôt.

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